Opéra
The Metamorphosis
La vision du réalisateur
Le livret de La Metamorfosis, écrit par Igor Escudero et basé sur le récit La Metamorfosis de Franz Kafka, nous parle de la brutalité d’une société obsédée par la production, de la machine imparable qu’est devenue la société, et du rejet et du mépris ressentis envers ceux qui ne sont pas performants au travail ou à la maison, c’est-à-dire ces personnes dont nous ne pouvons obtenir aucune sorte de performance. J’ai voulu capter cette dureté dans cette mise en scène en montrant un espace complètement hostile à Gregor (bien que ce soit sa chambre), et j’ai trouvé que la figure de l’autre personnage de l’opéra, Greta, la sœur de Gregor, était essentielle pour transmettre cette métamorphose qui nous conduit à l’aliénation et à la perte d’empathie.
Alors que Gregor lutte pour s’adapter à sa nouvelle forme, il fait face au rejet de ceux qui l’entourent. Au début, Greta fait preuve de compassion et d’attention envers Gregor, mais au fil du temps, elle commence à ressentir du ressentiment envers sa présence et à le considérer comme un fardeau, subissant une autre métamorphose en parallèle. La perte de l’innocence et l’adoption d’un rôle dominant la transforment progressivement en une personne qui doit abandonner des valeurs telles que la compassion, l’empathie et l’amour pour subvenir aux besoins de sa famille. Toutes ces valeurs sont un fardeau dans une société hostile où ce qui compte c’est de ne jamais s’arrêter et d’avancer. Continuer, progresser, continuer, avancer. La transformation de Gregor déclenche une série d’événements qui révèlent la fragilité des relations humaines et le manque d’empathie dans un monde qui a tendance à rejeter ce qui est différent.
La mise en scène explore des thèmes tels que le manque de communication et la perte d’identité, révélant la vulnérabilité et la cruauté de la condition humaine.
